Les serviteurs inutiles

Publié le par hospitalité de Touraine

210 hospitaliers ou hospitalières ont accompagné 110 personnes malades dans les gestes de la vie quotidienne et les déplacements du pèlerinage. Cinq jours de « vivre ensemble ».

 

Sous la blouse d’uniforme bleue pervenche à col claudine blanc, des cœurs. 210 hommes et femmes venus prêter main-forte aux malades pour cinq jours. « On est juste là pour un petit coup de fauteuil, un petit sourire et on reçoit énormément » assure Capucine, 21 ans, hospitalière pour la cinquième année.

Le « coup de fauteuil », c’est l’accompagnement aux messes et aux processions mariales. C’est aussi l’aide pour le lever, la toilette ou les repas. Rapidement, une intimité se tisse entre ces binômes d’inconnus. «Ce que j’ai découvert durant mon séjour avec l’Hospitalité de Touraine, c’est la compassion des Hospitaliers qui nous accompagnent », explique Maryvonne, la mère de Robin, jeune garçon handicapé. « Pour nous, parents, il est naturel de porter nos enfants. Mais c’est une grande leçon pour moi de voir des bonnes volontés extérieures intervenir auprès de mon enfant aussi naturellement » Sylvie, mère de Louis-Bryan, petit garçon handicapé, rajoute que «la présence des hospitaliers permet «pendant 5 jours d’oublier la maladie et le handicap de nos enfants». Un apaisement bienvenu.De son côté, Catherine est hospitalière, et s’étonne de l’ « immense gentillesse, et de l’immense tolérance » des personnes dépendantes, handicapées ou âgées pour les hospitaliers, pas toujours expérimentés, un peu maladroits. Pas besoin en effet d’être médecin, infirmière ou aide soignante pour s’inscrire à l’Hospitalité : pas de diplôme ni d’entretien d’embauche. La volonté de payer sa propre part de pèlerinage reste le seul passeport.

Et comme partout, il y a des mordus, ceux qui vous transportent l’âme en racontant leur 36e pèlerinage simplement, mais avec une ferveur intacte, comme Bernard. « La première fois, je suis venu à Lourdes comme hospitalier par curiosité, un peu pour me sentir utile. Et puis j’ai surtout beaucoup reçu, et je suis revenu ». Même son de cloche un peu partout chez les hospitaliers, qui ont changé leur regard sur le monde du handicap ou de la maladie, et ouvert plus grands leurs écoutilles de chrétiens.

A tel point qu’ils s’engagent parfois officiellement au service des malades. Après 3 pèlerinages, les Hospitaliers sont invités à prendre un premier engagement. Puis un second, définitif, au bout de 5 ans. Une trentaine d’entre eux se sont ainsi engagés ce mercredi 21 août à se rendre chaque année à Lourdes avec l’Hospitalité, lors d’une messe célébrée par Mgr Aubertin à Lourdes. Ils renouvelleront leurs engagements le 5 octobre à 11 heures en cathédrale de Tours, devant le diocèse, puisqu’il s’agit d’un service d’Église.

Ici et là, on parle de « virus de Lourdes ». On parle aussi de « miracle ». Celui de « faire Église » tous ensemble, malades et bien portants, jeunes et vieux, mocassins de ville et vieilles baskets, et de vivre à plein la parole de l’Evangile « Ce que vous faîtes au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Sans plus trop se demander, après 5 jours de pèlerinage, qui est le petit de qui.

MGG (Courrier Français)

Publié dans Lectures et spectacles

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