Cinéma - Habemus Papam

Publié le par Hospitalité de Touraine

Habemus-papam.jpgJ'ai vu "Habemus Papam" de Nanni Moretti. Ce n'est franchement pas un scoop de nous révéler qu'être pape est, à vue humaine, une « folie ». Aucun Souverain Pontife ne le démentira. Il eût été superbe, cependant, de nous dire, par le septième art, pourquoi le coeur d'un pape prononce le "fiat".

Pour exprimer les choses autrement, ce script est peut être brillant aux yeux de certains, mais il lui manque d'être ... priant.

L'essentiel n'est pas dit.

Ce film évoque davantage le tourment d'un élu que l'humilité d'un vicaire. Son sentiment dépressif d'indignité se boucle fatalement sur lui même. Pas étonnant que la psychanalyse (peu grandie par ce scénario) échoue à décrypter le mystère.

L'Eglise ne serait pas malmenée par ce film, se consoleront certains ? Mais, en 104 minutes, on surfe sur ce qui la fait vivre, sans y descendre en profondeur. La thérapie narrative et dramaturgique qu'interprète Michel Piccoli consiste t'elle à le libérer de l'image qu'il cultivait, ou que son entourage entretenait ? Si oui, opération réussie !

Mais, désolé, ce n'est pas cela un Conclave. Ce n'est pas cela être Vicaire de plus grand que soi... Ce qu'exprime admirablement saint François de Sales : "Quand Dieu appelle quelqu'un à quelque vocation que ce soit, il s'oblige par prudence à lui offrir les moyens d'y répondre. "

 

Mgr Bernard Podvin

Porte-parole de la Conférence des évêques de France

Publié dans Lectures et spectacles

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